Imaginer un monde Papillon-Taupe, ou l’on passe de l’un à l’autre et explore ce que l’on y rencontre.

Piltou – Salut toi, qui es-tu ? Tu es apparu en même temps que moi ce matin. Je t’ai caressé tout doucement pendant que tu dormais, tu étais encore tout mouillé, tout marron, tout collé. On aurait dit un pétollion. Et maintenant que tu sembles réchauffé, bien séché, tu es d’une beauté ! Comment tu t’appelles dis-moi ?
Lilou le Papillon – Whoua whoua whoua… une seconde que je me déploie… Accroche-toi, tu n’as encore rien vu le Piltou…. Tu permets que je t’appelle comme ça ? Moi je suis Papillon. Mes amis m’appellent Poupoupapitou. Moi je préfère Lilou. Lilou le Papillon. Poupoupapitou ça vient de loin, très loin. C’est quand tout tout au début je suis arrivé. Il y avait un truc immense qui me protégeait. C’était Poupoupapitou. Un nom que l’on se transmet de papillon en papillon. Nous traversons rapidement ce monde mais nous confions chaque soir sa beauté, telle que nous l’avons observée, au papillon qui demain naitra. Lilou c’est moi. Moi aujourd’hui et qui ne sera plus demain.
Tu viens jouer avec moi le Piltou ? Ne me dis pas qui tu es, je le découvrirai. Nous allons jouer à Linote, comme la tête, mais avec un seul T. C’est facile. Tu fais comme moi, tu me suis et partout où je vais tu vas. Là, sur le fleur. Pose toit délicatement, goûte-la. Laisse rentrer en toi son parfum sucré… Mais, t’es gonflé, tu as tout bu, en une seule gorgée !
Allez, viens là-bas sur la pierre toute blanche… Ouille, tu m’as fait mal ! Je suis brûlé ! Comment voler maintenant ? J’ai besoin de me reposer. Accompagne-moi sous le magnolia…. Mais où es-tu, tu t’es caché ?
Piltou – Non, je suis là ! Mais je ne peux pas arriver jusqu’à toi. Je tombe tout droit du ciel et si l’on ne se pousse pas pour moi, je me casse et je disparais. Quelle chance as-tu de danser et de tourner, de tourner :
Et ainsi Papillon et rayon, car vous l’avez reconnu, c’était rayon de soleil que Lilou avait baptisé Piltou, Papillon et rayon passèrent tout le jour à s’offrir leurs découvertes, s’abandonnant parfois pour mieux se retrouver et partager les nouveautés.
Puis vint le soir, et Lilou fut irrépressiblement attiré par la terre. Il trouva un endroit ou Piltou pouvait se poser lui aussi. En collant sa trompe contre le sol, il ressentit un grondement puissant comme si là ou tout semblait s’arrêter, il y avait un autre monde. Empli de ce mystère, sans qu’il batte des ailes, le décor autour de lui commença à changer. Il s’élevait. Quelle drôle d’histoire ! Et puis un vent violent faillit lui arracher une aile. Et soudain, une voix !
La voix – Hey, Lilou, enfin te voilà ! Tu en as mis du temps ! Je suis venu te chercher, c’est la fin de la journée. Je suis Pétaupille, la Taupe, et ma mission est de te faire découvrir la vie du dessous, celle qu’on ne voit pas, que l’on craint et qui pourtant est bien là. C’est elle qui nourrit tout ce que tu as pu visiter aujourd’hui. J’ai fait un petit trou pour ton ami Piltou, mais très vite il devra nous laisser car ce monde n’est pas pour lui. Il est bien mieux là où il est. Aimé, attendu. Parfois redouté, mais indispensable.
Toi et moi nous sommes là pour un temps. Bien trop court pour toi, bien plus long pour moi. Léger, frivole pour toi. Besogneux, responsable pour moi. Et toi et moi, papapillon, taupillon ou pataute, nous nous complétons. Dessus, dessous, dedans, dehors, d’air et de terre, de lumière et d’obscurité, d’amour et de détestation, de jalousie et de tendresse.
Ensemble nous finirons. Je suis venu te chercher pour te montrer ce monde de la terre, celui qui va t’accueillir pour qu’à ton tour tu aides les suivants à grandir.