Dans la peau du jardin

Inspirez, soufflez. Inspirez, soufflez. Fermez les yeux. Inspirez, soufflez.

C’est le printemps. Line et Tom courent dans mes allées. Ça chatouille. Depuis quelques jours les parties de cache-cache ont repris à un rythme effréné. Après des semaines de gadoue et de branches faméliques, ma robe qui s’étale royalement devant le moulin a pris les allures d’une invitation au plaisir. Ça déborde de partout, parfums, couleurs, musiques… ça grouille, ça s’active.

S’éclipser derrière mon lilas pour s’enivrer de sa douceur sucrée.

Disparaître dans mon parterre de jonquilles et rayonner avec le soleil

S’élancer au sommet de mon chêne et siffler à pleine gorge avec le geai.

A l’intérieur de moi, ça gargouille, ça picote, ça caresse, la fourmilière s’affaire.

Vent de panique, Line et Tom s’enroulent dans mon tapis de pâquerettes. C’est la débandade dans les souterrains. Qu’est-ce que c’est bon ce tremblement qui m’agite. Que ça dure.

Et la consigne était : Si vous étiez un jardin, à quoi ressembleriez-vous ?

 

Atelier d’écriture du samedi matin : Au fil des mots et des couleurs