Pas de souci, pas de souci, lui répétait sans arrêt la banquière en rajoutant des lignes et des lignes de crédit. Jusqu’au jour où… Couic ! C’est fini. Il faut tout rembourser. Tout de suite maintenant.
« T’avais qu’à mieux gérer. Maintenant t’es couvert de dettes, c’est tant pis pour toi » qu’elle dit la banquière.
Alors tu sais ce que j’ai fait moi ? J’ai mis une grande marmite à bouillir dans mon hangar, j’y ai mis dedans tout plein de bulbes de céleri, une poignée de gros sel, du romarin, parce que c’est tellement bon le romarin, 30 g de grains de poivre et un soupçon de gingembre. Et la banquière, qui est bien dans son tort, on est d’accord, je lui ai évité la pendaison en la faisant bouillir, farcie de petits oignons, dans ma grande marmite, dans le hangar tout neuf qu’elle m’avait offert un an auparavant. Et quelques secondes avant de servir, pour relever le fumet, j’y ai rajouté le cloporte qui traînait par là.
Pas catholique tout ça ? Ce ne serait rien si je ne l’avais pas fait, volontairement, anticonstitutionnellement.
Et la consigne était : A partir des mots donnés par les participants, construire une histoire – Dette – Cloporte – Céleri – Pendaison – Hangar – Anticonstitutionnellement – Gérer – Pas de souci –
Atelier d’écriture du samedi matin : Au fil des mots et des couleurs