
– Tu sais quoi ? C’est incroyable ! Y’en a un, on a l’impression qu’il vit sur une autre planète, qu’il s’en fout total de ce qu’il se passe. Il est là, tranquille, et il continue à faire comme si de rien n’était. Vas-y qu’il s’agite dans tous les sens sous mes fenêtres ! Tous les matins, quand je me lève, une nouvelle invention. Là une touche de vert, ici du jaune qui me saute au visage, il prend ses aises sur la plate-bande, étend sa serviette et se déploie… mais quel culot ! Personne ne lui a donc dit qu’il était interdit de s’étaler de cette façon ?
Il nous nargue, je t’assure, il nous nargue. Il ne pourrait donc pas rester confiné comme tout le monde ? Le virus pourrait bien l’attraper lui aussi, il se croit invincible sans doute. Après tout, nous sommes en mars. Une averse de grêlons pourrait bien lui tomber dessus, et pfft, fini la fantaisie, tout est détruit. Ou tiens, un bon coup de gel et c’est terminé de nous peinturlurer comme ça. Tout cramé de froid qu’il serait. Je le vois déjà tout marron, recroquevillé, fini, pourri.
C’est vraiment indécent ce comportement.
– Mais, voyons, de qui parles-tu à la fin ?
– Mais du printemps bien sûr ! T’es aveugle ou quoi ?
Et la consigne était : Printemps et confinement où cela va-t-il mener le narrateur/la narratrice ? Que va-t-il en surgir ?
Atelier d’écriture du samedi matin : Au fil des mots et des couleurs