Si la rose est éclose

Elle a tout juste 15 ans. C’est la rentrée au lycée.

Elle l’attendait cette porte ouverte vers la félicité. Et puis voilà. « 3 jours après j’étais fanée » s’est-elle exclamée.

Poésie étranglée. Cette rentrée tant espérée, cette promesse d’envolée déjà enterrée.

Elle a 15 ans et la beauté de l’échappée. Déjà fanée.

Elle a 15 ans, elle est assoiffée. Un mur a poussé à ses pieds. Le ciel sur elle a trop pleuré. Overdose d’engrais. Un peu tout à la fois. Ou rien de tout ça ? Juste un petit truc pour dire, genre, comme ça ? Mais « je suis déjà fanée » dit la jeune fille.

Si la rose est éclose, le miroir l’admire sans deviner que la sève qui bouillonne, brouillonne, ne sait pas quelle rainure emprunter pour irriguer au cœur. Désenchantement.

Cœur palpitant espère un bruissement, un petit bout de vent pour défroisser la parure et s’épanouir à nouveau dans l’azur.

Fini le blues de la rentrée et de poignées d’heures en jours traversés, de copie déchirées en rages explosées, de mascara savamment orchestré en atours astucieusement combinés, l’été suivant et sa liberté pointent leurs nez. Quoi déjà là ? Je n’ai pas vu passer l’année, il faut déjà se quitter.

Si la rose est éclose qu’elle profite sans imaginer faner car l’année s’écoule et file. Jeune fille, ne la remplit pas de regrets.